Le semi-pragmatisme contre l’idéologie : le pot de fer de l’éolien contre le pot de terre des anti-éolien

Dans le cadre de la question écologique, l’énergie joue un rôle central. Notre consommation d’électricité tend à augmenter et des nouvelles sources d’approvisionnements « plus vertes » sont nécessaires pour faire face à l’augmentation et au débranchement des installations « non-vertes ». Mais pourquoi donc les adversaires, souvent doctrinaires, des éoliennes essuient-ils si régulièrement des revers? Esquisse de réponse

Lors de la dernière assemblée municipale de ma commune, soit la réunion du législatif, composé de l’ensemble des citoyen·ne·s du lieu, était soumis au vote un projet de parc éolien. Largement soutenu par des personnes provenant de tout le spectre politique, la votation semblait gagné d’avance pour les personnes défendant le projet. Et cela s’est aisément vérifé avec une victoire écrasante de l’ordre de 85 à 7, et 5 abstentions. Toutefois, une opposante a exposé ses arguments.

Elle a mis en avant tout d’abord les conditions de production des pales, qui sont fabriquées au Pérou avec du bois rare et coupé illégalement. Puis elle a parlé de leur transport, fort polluant et terminer sur le recyclage, impossible, condamnant au stockage des pièces usagées ou à leur destruction. Elle y a ajouté l’impact environnemental sur les personnes habitant la montagne et l’écosystème local. Enfin, elle a posée les questions de la quantité d’éléctricité réellement produite, le prix payé aux producteurs·trices et la politique d’entreprise des BKW, qui salarie leur directrice mieux qu’une conseillère fédérale.

Si rien n’était factuellement faux, l’interpellation restait incapable de convaincre par essence. Outre le fait qu’elle brassait bien trop large en termes d’arguments, le vrai problème est qu’elle ne mettait pas le doigt là où ça fait vraiment mal.
Et où la question centrale se cache, c’est bien dans le besoin en énergie électrique. Nous avons une lourde dépendance à cette énergie.
Certes, il semblerait (j’avoue, je n’ai pas cherché d’étude car sans références préalables, c’est dur) que notre consommation tendent à légèrement diminuer en Suisse. Mais cela ne résout pas le problème. Car qu’importe comment on s’y prend, produire de l’électricité est forcément « sale ». La question posée aux personnes présentes portait au fond sur le moyen le plus propre entre trois éoliennes ou un approvisionnement plus « sales » avec, par exemple, du courant issu de centrales à charbon allemandes. Mais personne n’a remis en cause ou même défendu clairement le besoin de trois éoliennes en plus. C’est comme ça et c’est tout. Pas de question sur le bien fondé de ce besoin.

Il est évidemment ironique de vous entretenir de cela sur internet, mais cette simple remarque montre l’ampleur de notre dépendance, souvent inconsciente.

La piste de lutte que nous refusons souvent de prendre est celle de l’étude de moyens d’économies et de lutte contre le gaspillage radicales. Nous vivons dans une telle société d’abondance que toute lutte sur ces fronts paraissent radicales. Pour mémoire, on jette environ un tiers de la nourriture. Avec l’électricité, cela se quantifie sûrement autrement, mais il y a sans doute des potentialités à explorer, en terme de disponibilité horaire, de sécurités, de minuteurs etc. Et il faut le faire maintenant, quand nous en avons le choix. Et pas dans 10 ou 20 ans, quand il n’y aura plus de choix et que la fracture sera nette entre riches et pauvres sur ce bien commun.

Mais ce n’est ni avec des anti « énergies dites propres » dogmatiques, ni avec des pro « énergies dites propres » qui évite la question de fond du besoin et de la dépendance à la ressource ,que nous y arriverons.

Un avis sur « Le semi-pragmatisme contre l’idéologie : le pot de fer de l’éolien contre le pot de terre des anti-éolien »

  1. Tout à fait d’accord.
    Je recommande vivement la chaîne Youtube « Le Réveilleur », qui traite des questions d’énergie et de changement climatique, en se basant sur des études scientifiques solides.

    J’aime

Répondre à Loïc Annuler la réponse.